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Fan of the week – Didier Betsy

Parle-nous un peu de toi?

Je suis Didier, originaire de Beau-Bassin et je travaille dans le département légal d’une institution financière reconnue à Maurice.

Comment t’es-tu retrouvé à aimer et à suivre les courses mauriciennes?

Désolé, mais ma réponse sera un peu longue sur cette question.

Au fait, aucun membre de ma famille n’est impliqué dans quelque mesure dans les courses de chevaux. Le premier contact que j’ai eu avec un cheval était quand j’étais tout petit alors qu’un ancien cheval de courses était hébergé par une famille du voisinage. Je vivais toujours à Camp Le Vieux et j’étais émerveillé par ce magnifique animal aux pieds d’argile.

Je me rappelle que chaque après-midi, son propriétaire l’emmenait en balade dans le quartier et le monter régulièrement. Il l’emmenait même au pied de la montagne Corps de Garde et à la rivière qui la longeait. Et tout petit et innocent que j’étais, je les suivais sur mon vélo tellement j’admirais le cheval, la puissance qu’il déployait et son élégance au galop. Ce cheval-là était un bel alezan dont la robe luisait au soleil. Honnêtement, c’est l’un de mes plus beaux souvenirs d’enfance.

Aussi, chaque dimanche alors que mon père n’étais pas devant sa télé, c’est là que je m’installais sur le divan pour regarder la fameuse émission « Ligne Droite » qui rediffusait les courses du samedi précèdent. Je ne connaissais même pas les noms des chevaux mais mon innocence faisait que j’étais plus attiré pas les chevaux gris qui paraissaient plus beaux et élégants du fait de leur rareté. Le tout premier cheval que j’ai connu le nom et aimais à l’époque était March Miracle. C’était lors de la rediffusion d’une Journée Internationale; et moi devant ma télé, j’assistais à une superbe arrivée entre 3 magnifiques athlètes. Innocent que j’étais, je criais pour que le gris s’impose. Et depuis ça, March Miracle, qui d’ailleurs faisait partie de l’écurie Merven, a toujours était mon cheval préféré. Je crois que c’était en 1997 ou 1998, mais je ne puis me rappeler. Et l’année suivante, je me suis efforcé à ne jamais manquer une journée de courses à la télé.

Les fans de l’écurie Merven se remémoreront à l’époque des Jazzarazz, World Party, Star Spectacular, Starpoint, Inugo, Blazing Blaze, et le beau gris néo-zélandais Lucky Way entre autres…

Et ta journée la plus mémorable au Champ de Mars ?

Pour être honnête, ma plus belle journée de courses reste la toute première à laquelle j’ai assistée. Après tant d’années à regarder les courses à la télé, je m’y étais rendu avec mon père. Je ne savais même pas où le champ de courses se trouvait à l’époque. Tout me paraissait tout beau… Je vivais un rêve éveillé; c’était le Champ de Mars d’antan !

Posh Hall et Transgressor avait tous deux gagné au début de la journée. Mais le duel qui opposait les deux fils du célèbre étalon Centenary, Centenarian et Villiers, était celui qu’attendait tout le public. À l’époque, on parlait plus d’un public amoureux de cheval, que de parieurs ! La foule était en délire quand le départ fut donné et Centenarian prit les devants devant un Villiers qui le traquait à chaque foulée. Le cheval de Luc-André durcit l’épreuve comme à son habitude, mais Villiers allait courageusement le devancer au poteau.

Comme quoi, je ne sais pas si le fait que je sois émerveillé par ma première journée de course fit que celle-ci resta la plus mémorable à mes yeux. Cependant, j’ai aussi aimé la journée où Stormy Kestrel remporta un Barbé émotionnel pour tous les fans de l’écurie Gujadhur en 2001. Les réalisateurs de la MBC montrèrent le vieux Ton Mica qui saluait, et le jockey, et son cheval de sa loge, alors que tout l’état-major ne descendit pas en piste en signe de protestation contre la rétrogradation de Homing Pigeon dans la première course au programme.

Puis il y a le premier Maiden auquel j’ai assisté où le favori Stud Master perdit son Maiden alors que le public était tout acquis à sa cause.

J’ai aussi vu de mes yeux l’envolée d’Hinterland dans la Coupe d’ Or 2004. Ce cheval m’émerveilla en piste ce jour et j’ai ressenti une grande émotion quand j’ai pu le caresser en début d’année au Centre Hippique de Floréal. Ses foulées restent légendaires et il alliait savamment, vitesse, force et majesté quand il s’étendait. C’est je suppose, l’un des plus beaux chevaux que j’ai eu l’occasion de voir devant moi.

Pour conclure, les victoires classiques des Il Saggiatore, Solar Symbol, Gwinganna, Man To Man, Seraphos, Mr Brock et Tup Thumper m’ont également énormément marqué.

J’ai aussi une mention spéciale pour le valeureux fils de Desert Team, Stud Master, qui était mon cheval préféré au début des années 2000.

Comment s’est développé cet attachement pour Cédric?

Au fait, je suivais déjà les courses sur l’hexagone et j’étais habitué à voir Cédric monter pour Mme Corinne Barande-Barbe. Je me rappelle même que suivant une victoire, Mme Barbe avait dit qu’il était un jockey très attachant et qu’elle s’entendait merveilleusement bien avec.

Et puis, il y a eu sa superbe monte sur le bel alezan, West Bar None, dans une manche du championnat des espoirs lors de la Journée Internationale en 2002. Le jeune Ségéon faisait alors connaitre son beau et large sourire aux mauriciens qui, en connaisseurs, saluaient sa belle monte et scandaient son nom à juste titre. J’étais heureux pour lui car j’avais eu la chance, au préalable, de l’avoir vu monter en France, et ainsi, il confirmait tout le bien que l’on pensait de lui sur notre petit mais réputé hippodrome. Comme quoi, il nous démontrait déjà qu’il était un métronome qui s’adaptait aisément et faisait très bien partout où il allait.

Je ne sais pourquoi mais j’ai une affection particulière pour ce jockey et je l’apprécie tout particulièrement. Mais bon, je suis un fervent supporteur de l’Équipe de France et le lien est vite fait; n’est-ce pas ?

Qu’as-tu ressenti lorsqu’il remporta le titre de Jockey Champion en 2014 ?

En fin de compte, c’est l’aboutissement d’un travail assidu durant tant d’années à Maurice et le couronnement d’un jockey sérieux qui commet relativement peu d’erreurs en courses. Il faut savoir qu’il est apprécié de nombreux mauriciens même s’il y aura toujours des mécontents et des éternels insatisfaits.

Comme M. Merven nous le rappelle toujours dans ses interviews d’après courses, il est presque toujours le premier à l’écurie le matin et rate très rarement une séance matinale. Il est toujours rigoureux dans son métier, ce pourquoi, il est toujours des nôtres aujourd’hui. La preuve, Cédric entame, cette année, sa sixième saison en tant que jockey titulaire au Champ de Mars alors que le public parieur est réputé être assez dur et exigeant – si ce n’est sans pitié – envers les jockeys étrangers qui souvent ne font pas long feu ici.

Force est de constater que son travail a fini par rapporter ses fruits l’an dernier et il a su intelligemment faire fi des critiques et missives lancées à son égard tout au long de sa carrière à Maurice pour remporter son premier titre de Jockey Champion en 2014.

On a eu droit à une belle lutte entre lui et Johnny Geroudis tout au long de 2014, mais sa hargne et son envie de vaincre lors de l’ultime journée régulière firent qu’il remporta le titre devant son bon ami. Remporter 3 belles courses pour acquérir le titre fut tout simplement merveilleux pour tous ses fans, et on a vu à quel point les turfistes au Champ de Mars l’acclamaient à chacune de ses victoires lors de cette pénultième journée avec le Week-End International.

Même si l’écurie Merven n’a pu fini en tête du classement des écuries, cette Cravache d’Or sacre à juste titre un jockey exceptionnel qui nous émerveilla toute une saison, mais aussi récompense l’entraineur, les palefreniers, les propriétaires et tous les vrais fans de l’écurie qui y ont cru et ont tout le temps été derrière lui. C’est une satisfaction personnelle qui récompense tout un travail d’équipe !

Pour moi et pour tous ses fans, on est tous persuadés qu’il mérite amplement ce titre de Jockey Champion, et qui sait, peut-être qu’il nous gratifiera d’autres plus belles victoires encore cette année et finira à nouveau en tête du classement des jockeys. Permettons-nous de rêver

Selon toi, avec quel cheval Cédric forme-t-il la meilleure paire?

C’est sans nul doute le duo Liquid Motion-Cédric Ségéon qui retient mon attention. Cédric l’a piloté à 19 reprises en 20 sorties sur notre sol, et ensemble ils ont remporté 5 belles victoires incluant le Mauritius Derby Trial et la Princess Margaret Cup en 2013, et malheureusement, ils ont fini 2 fois deuxième dans la Coupe d’Or en 2013 et 2014. Liquid Motion a un cœur en or et donne toujours le meilleur de lui-même quand les deux sont associés en course. Je crois savoir que Cédric a un énorme respect et une grande affection pour ce cheval.

Liquid Motion n’avait pas un super papier, ni un « pedigree » fabuleux quand il nous est venu d’Afrique du Sud mais celui-ci a été une belle révélation pour l’écurie.

Et la plus belle victoire de Cédric à Maurice?

Franchement je ne puis choisir tellement tant de victoires me viennent à l’esprit. Peut-être la victoire du sacre sur Prince of Wings lors de la 41e journée de 2014 qui fut un réel soulagement pour tous ses fans. On est une petite cohue mais on sait donner de la voix quand il gagne. Sachant que Prince of Wings n’est pas le plus simple à piloter en course et venir gagner de la sorte… Il faut le faire!

Un dernier mot pour Cédric et pour tous ses fans…

D’abord, je lui souhaite une merveilleuse saison 2015 et qu’il remporte le plus de victoires possible en 2015. C’est un mec super même si je ne le connais pas personnellement, mais je tenais de le féliciter pour sa Cravache d’Or l’an dernier. Le métier de jockey n’est pas le plus facile, surtout à Maurice, et la saison sera encore très longue. Ses vrais fans, et ils se reconnaitront, seront toujours derrière lui pour le soutenir dans ses moments difficiles.

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